Récit
Mathieu Léveillé
1709-1743
Martinique – Québec (Canada)
Aperçu historique
Mathieu Léveillé serait né esclave, vers 1709, en Martinique. Rêvant de liberté, il s’échappe à trois reprises des plantations où on le contraint à travailler. Capturé une troisième fois, il est condamné à mort par les juges de l’époque. Pour échapper à une exécution imminente, on lui propose de devenir bourreau en Nouvelle-France. Le jeune homme devient ainsi, bien malgré lui, « exécuteur des hautes œuvres ».
En 1733, il est envoyé à Québec pour appliquer la haute justice, rôle qui fait de lui un paria. Habitué au climat tropical, le nouveau bourreau débarque à peine à Québec qu’il est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu. Il aura, dès lors, toujours de la difficulté à s’adapter aux rigueurs du climat de la Nouvelle-France.
Mathieu Léveillé est contraint de se vêtir d’une tenue rouge, qui l’identifie en tout temps à son rôle. Malade, seul, obligé de torturer ou de tuer de par sa fonction, il souffrira de dépression durant les dernières années de sa vie.
Mathieu Léveillé meurt à Québec, en 1743.
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Source : bing.com
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Joseph Beausoleil Broussard
1702-1765
Nouvelle-Écosse (Canada) – Haïti – Louisiane (États-Unis)
Aperçu historique
Joseph Broussard, connu sous le nom de « Beausoleil », est né en 1702 à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse. Il possède un fort tempérament, fréquente les Micmacs, parle leur langue et combat les Anglais à leur côté. Comme l’a fait son père avant lui, il s’oppose à la domination anglaise. Il s’attaque aux troupes britanniques et participe régulièrement à des raids. Dès lors, sa tête est mise à prix par le gouverneur du Massachusetts, aux États-Unis.
Il évite la déportation du Grand Dérangement de 1755 en se cachant dans la forêt avec sa famille. Il continue de combattre les Anglais, luttant courageusement malgré des conditions peu favorables. Il mène le combat sur la terre et les eaux, se faisant corsaire pour attaquer les navires anglais. Contraint par la famine, il se rend aux autorités britanniques avec sa famille. Il est condamné à la prison. À sa libération, il part avec les siens s’établir à Saint-Domingue (actuel Haïti), mais repart rapidement pour aller vivre en Louisiane. Là, il est accueilli en héros par les nombreux Acadiens qui y ont été déportés.
Joseph Beausoleil Broussard représente l’esprit de résistance acadien. Son courage et sa ténacité ont encouragé les Acadiens à poursuivre leur lutte bien après sa mort. Il meurt en Louisiane en 1765.
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Pierre-Esprit Radisson
1636-1710
France - Baie d'Hudson - Québec (Canada)
Pierre-Esprit Radisson naît en France vers 1636. Il a 15 ans lorsqu’il s’établit à Trois-Rivières. Il est peu après capturé par les Iroquois. Après l'avoir torturé, les Iroquois l’adoptent comme un frère. Ce sera le début d’une nouvelle vie qui va le conduire à travers des territoires inconnus des Européens.
Grâce à ses relations avec les Autochtones, il exploite une nouvelle voie navigable qui le mène vers la « mer salée » dans la baie d'Hudson. Il tente de s’y rendre en 1668 avec un équipage et des investisseurs anglais. Mais, il doit rebrousser chemin afin d’éviter le naufrage. Son beau-frère, Médard Chouart Des Groseilliers, qui est sur un autre navire, réussit quant à lui l’aller-retour. Les deux hommes sont considérés comme les cofondateurs de la célèbre Compagnie de la Baie d'Hudson.
Considérant avoir été trahi à la fois par la couronne française et britannique, il change d'allégeance à de nombreuses reprises. Il devient alors le coureur des bois le plus controversé de l’histoire du Canada.
Il rédige ses mémoires, Voyages of Peter Esprit Radisson, où il raconte sa vie parmi les Iroquois ainsi que ses nombreuses aventures. Son récit a inspiré de nombreux romans, des bandes dessinées et même une série télé. Pratiquement ruiné, il meurt à Londres, en juin 1710, entouré de ses nombreux enfants.
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Jeanne Mance
1606-1673
France – Montréal - Québec (Canada)
Aperçu historique
Jeanne Mance est née en 1606, à Langres, l’une des plus belles villes fortifiées de France. En 1642, elle fonde, en Nouvelle-France, l’établissement de VilleMarie, au nom de la Société Notre-Dame de Montréal. À sa fondation, l’entreprise montréaliste (les premiers Montréalais) a pour principale vocation de convertir des Autochtones à la religion catholique. Si Jeanne est profondément dévote, qu’elle prononce ses vœux de chasteté et que sa mission est avant tout religieuse, elle n’en demeure pas moins laïque.
La pionnière porte de nombreux chapeaux. Jeanne Mance est considérée comme cofondatrice de la ville de Montréal, au côté de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Alors que ce dernier est chargé du défrichage des terres, de la construction d’un fort et de la défense, Jeanne Mance assure la gestion financière de la colonie, recrute des colons-soldats et recueille les sommes nécessaires auprès de riches donateurs pour assurer la survie de la colonie. Puis, elle fonde l’Hôtel-Dieu de Montréal dès 1644, administre l’établissement et y officie en tant qu’infirmière. Elle sera également marraine de nombreux orphelins, victimes des guerres iroquoises et des épidémies.
Épuisée, mais sereine face au sentiment du devoir accompli, elle est inhumée en 1673 en l’église Notre-Dame de Montréal. En 2015, Jeanne Mance est reconnue « vénérable » par le Vatican.
À une époque où le rôle des femmes est peu mis en lumière, son rôle de cofondatrice de Montréal et de fondatrice de l’Hôtel-Dieu ne sera reconnu qu’en 2017, lors du 375e anniversaire de Montréal.
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Françoise-Marie Jacquelin
1602-1645
France - Nouveau-Brunswick (Canada)
Aperçu historique
Françoise-Marie Jacquelin serait née en France, à Nogent-le-Rotrou, en 1602, selon certains, en 1621 selon d’autres. Si l’on sait qu’elle est de confession huguenote (protestante), on connaît peu de choses d’elle avant son mariage avec Charles de Saint-Étienne de La Tour. Les célébrations de son mariage ont lieu dès son arrivée à Port-Royal en 1640. Son mari occupe alors l’un des trois postes de gouverneur de l’Acadie.
Les nouveaux mariés s’établissent au Fort La Tour, de l’autre côté de la baie des Français (Fundy), dans l’actuel Nouveau-Brunswick. L’Acadie vit alors une période trouble, et de nombreux conflits éclatent. Son époux, avec l’appui des protestants de Boston, est en guerre ouverte avec le seigneur Charles de Menou d’Aulnay, soutenu par les catholiques.
Grâce à ses contacts, à sa foi et à son courage, Françoise-Marie Jacquelin appuie son mari dans la lutte. Elle effectue de nombreux voyages en Angleterre, en France et à Boston pour rassembler des denrées et des hommes.
En 1645, alors que Charles de Saint-Étienne de La Tour est absent, le seigneur Charles de Menou d’Aulnay lance une attaque sur Fort La Tour. Malgré une lutte héroïque, Françoise-Marie Jacquelin doit capituler au bout de trois jours. Elle accepte de déposer les armes en échange de la promesse de Charles de Menou d’Aulnay d’épargner ses hommes, mais ce dernier trahit sa promesse. Ses hommes seront pendus devant elle. Elle meurt trois semaines plus tard en captivité, alors que son fils est expédié en France par son père pour parfaire son éducation.
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Étienne Brûlé
1592-1633
France - Québec (Canada) - Ontario (Canada)
Aperçu historique
Étienne Brûlé est né en France vers 1592. À 16 ans, il s’embarque pour la Nouvelle-France aux côtés de Samuel de Champlain. Il sera de la célèbre traversée de 1608 qui mènera à la fondation du poste de Québec la même année.
N’ayant jamais écrit ses mémoires, le parcours d’Étienne Brûlé est entouré de mystère. Il servira d’interprète aux Français auprès des nations autochtones, favorisant le commerce avec ceux-ci. Il est le premier Européen à fouler la région de l’Outaouais, la baie Georgienne, la Pennsylvanie et à parcourir quatre des Grands Lacs. Considéré comme le premier des Ontariens, il est un véritable pionnier du mode de vie des coureurs des bois.
Premier Français à habiter avec les Autochtones, il revêt les habits et adopte les coutumes des Hurons. Capturé par les Iroquois, Étienne Brûlé reconquiert sa liberté, puis est soupçonné de travailler pour les Anglais lors de la perte de Québec en 1629. Désavoué par Samuel de Champlain à la reprise du poste de traite, il meurt aux mains des Hurons, parmi lesquels il a vécu pendant près de 20 ans. Jean de Brébeuf, prêtre jésuite français missionnaire en Nouvelle-France, raconte que son clan adoptif l’a sacrifié sur le poteau de torture, pour des raisons restées inconnues.
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Marie Rollet
1580-1649
France – Québec (Canada)
Née en France vers 1580, Marie Rollet émigre en 1617, en Nouvelle-France. Son mari, leurs trois enfants âgés de quatorze, neuf et trois ans et elle-même sont réputés être la première famille de colons français à s’établir au Canada et à cultiver la terre.
Ils pratiquent l’agriculture, malgré les réticences et les embûches posées par les autorités coloniales. Avec sa famille, Marie Rollet défriche la terre sans bœuf ni charrue, faisant preuve d’une grande détermination. Elle se distingue rapidement par ses nombreuses compétences, soignant les habitants de la colonie et les Hurons de passage à Québec avec son mari Louis Hébert, qui est apothicaire. Elle enseigne aux enfants et s’occupe de nombreux orphelins, dont des orphelines autochtones.
Marie Rollet et sa famille démontrent à nouveau leur force de caractère en demeurant à Québec même durant l’occupation anglaise entre 1629 et 1632, alors que Champlain lui-même quitte le poste qu’il a fondé. Par sa nombreuse descendance, elle est l’aïeule de milliers de familles à travers l’Amérique du Nord. Tout cela lui mérite le titre de « mère de la Nouvelle-France ».
Elle meurt à Québec, en 1649, âgée de 69 ans.
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Samuel de Champlain
Vers 1570 - 1635
France, Québec (Canada)
Aperçu historique
Né en France, nul ne s’accorde sur l’année de la naissance de Samuel de Champlain. Il serait né entre 1567 et 1574.
Tous les historiens s’entendent toutefois sur les nombreuses compétences de cet explorateur à l’origine de la première colonie française permanente en Amérique (Port-Royal, en Nouvelle-Écosse) et de la fondation de Québec. Navigateur hors pair, il est également cartographe, soldat, explorateur, polyglotte, dessinateur, protégé du roi Henri IV et auteur de nombreux récits de voyages. Humaniste, il favorise l’échange, la curiosité, le respect des mœurs et des religions de chacun.
Samuel de Champlain est l’instigateur de l’alliance guerrière et commerciale entre les Français, Hurons, Algonquins et leurs nombreux alliés. Ils feront bloc face aux Iroquois, aux Hollandais et aux Anglais. Cette alliance est fondamentale pour la survie de la Nouvelle-France, et perdurera jusqu’à la conquête, voire au-delà.
Malgré les mille dangers auxquels le père de la Nouvelle-France s’expose tout au long de sa vie : nombreuses traversées transatlantiques, scorbut, rudesse du climat, malnutrition, expéditions guerrières… Il meurt dans son lit, le 25 décembre 1635, à Québec. Son lieu de sépulture demeure inconnu à ce jour.

Pour honorer sa mémoire, un timbre commémoratif, représentant l'Habitation de Québec, 1908

Un timbre imprimé au Canada montre Samuel de Champlain et une vue de Québec, dans le cadre du 350e anniversaire de la fondation de la Ville de Québec, en 1958. Banque d'images - CANADA - CIRCA 1958
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Domagaya
Décès présumé en 1539
Stadaconé, Québec (Canada)
Aperçu historique
Domagaya est le fils du grand chef iroquois, Donnacona. Le père et le fils vivent à Stadaconé, un village de maisons longues, sur le territoire actuel du quartier Limoilou à Québec. Donnacona passe à l’histoire, notamment pour avoir établi un premier contact avec l’expédition de Jacques Cartier à l’été 1534.
C’est à cette même occasion que l’explorateur est réputé avoir ramené de force en France Domagaya et son frère Taignoagny afin de les présenter au roi François 1er. Les frères serviront plus tard d’interprètes et de guides à Jacques Cartier lors de sa seconde expédition au Canada en 1536. Domagaya guide alors le capitaine dans l’embouchure du fleuve Saint-Laurent jusqu’au village iroquois.
Pour des raisons qui demeurent nébuleuses, Domagaya repart une fois de plus en France, cette fois en compagnie de son père, de son frère et d'autres Autochtones de son clan. Présumés morts lors de leur séjour, aucun n’est de retour en 1542 lors du dernier voyage de Jacques Cartier.
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