Francophonie
Gabriel Dumont
1837-1906
Manitoba - Saskatchewan (Canada)
Aperçu historique
Né au Manitoba en 1837, Gabriel Dumont est une figure emblématique de la nation métisse d’Amérique du Nord. Les droits de cette nation sont bafoués dès l’acquisition de la Terre de Rupert par le gouvernement canadien.
Gabriel Dumont parle sept langues, dont le mitchif, la langue métisse. Il est aussi un excellent guide, trappeur, cavalier et tireur à l’arc comme à la carabine. Il voue sa vie à la défense de la cause métisse et des premiers peuples de l’Ouest. Il dénonce les impacts de la colonisation, de la construction du chemin de fer transcontinental ainsi que de la disparition du bison, résultat de politiques nationales que plusieurs qualifient aujourd’hui de génocide planifié. Avec la disparition du bison, c’est tout le mode de vie nomade traditionnel qui disparaît.
Gabriel Dumont résiste par les armes, s’exprime publiquement au Canada et aux États-Unis pour faire reconnaître les droits des Métis et des Premières Nations. Ses qualités organisationnelles, ses talents militaires, son courage, sa capacité à convaincre les gens et son obstination font de lui un personnage incontournable de l’histoire de la francophonie des Amériques. Il se démarque notamment lors de la résistance du Nord-Ouest face à l’armée canadienne en 1885, au côté de Louis Riel, qu’il tient en haute estime.
Après l’échec de la résistance métisse, suivi de quelques années d’exil et d’errance, Gabriel Dumont revient à Batoche, où il meurt en 1906.
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Récits historiques des Amériques est une exclusivité présentée par le Centre de la francophonie des Amériques.
Marie Pantalon
1824-1892
France – Californie (États-Unis)
Aperçu historique
Marie Suize, surnommée « Marie Pantalon », est née en 1824 en Haute-Savoie. En 1846, elle quitte son village natal pour Paris. Là, elle connaît la pauvreté. Elle trouve enfin un emploi dans un journal, où elle entend parler de la ruée vers l'or californienne. Femme de caractère, elle tente sa chance et s’embarque pour la Californie en 1850.
Avant son départ pour San Francisco, elle coupe ses cheveux et revêt des habits d’homme. Au moment de son embarquement sur un trois-mâts, elle s’enregistre comme étant de sexe masculin.
Arrivée à bon port, elle se met à la recherche d’or habillée d’un pantalon. Elle utilise volontiers le revolver pour défendre ses biens, sa concession et son honneur. Dès lors, elle devient une célébrité locale, le pantalon y contribuant largement, elle se voit attribuer le surnom de « Marie Pantalon ».
Le port de l’habit d’homme, impensable à l’époque, lui vaut de nombreux procès. Célibataire, elle boit, fume, jure et refuse de se conformer aux normes sexistes dictées par la société. Déterminée, elle gagne sa cause et obtient le droit légal pour les femmes de porter le pantalon. Elle devient un important symbole pour le mouvement féministe et les suffragettes. À noter qu’elle est la première femme à produire des spiritueux en Californie.
Elle meurt à Jackson, en Californie, en 1892.
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François-Xavier Aubry
1824-1854
Québec (Canada) - Missouri – Californie – Nouveau-Mexique (États-Unis)
Aperçu historique
François-Xavier Aubry est né à Saint-Justin, au Québec, en 1824. À 18 ans, il part pour le Missouri, aux États-Unis. Comme de nombreux autres Canadiens français, il est attiré par les récits sur le Far West, la vie de cowboy, les grandes chevauchées et les vastes territoires. Il y met à profit ses talents d’organisateur et de cavalier pour monter une entreprise de convois sur la piste entre St-Louis, au Missouri, et Santa Fe, au Nouveau-Mexique. Il acquiert le surnom de « Napoléon des plaines » en référence à son audace, à sa grande capacité à organiser les convois et à ses origines francophones.
Convoyeur prospère, François-Xavier Aubry sera aussi connu comme le cowboy le plus rapide de l’Ouest. Véritable héros surpassant tous les records de vitesse sur la piste de St-Louis à Santa Fe, il devient le symbole du réseau postal du Pony Express (compagnie de livraison à cheval).
Il meurt en 1854, à l’âge de 29 ans, au Nouveau-Mexique lors d’une bagarre dans un saloon. Sa fortune sera dilapidée et ses exploits trop rapidement oubliés.
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Marie Laveau
1801-1881
Louisiane (États-Unis)
Aperçu historique
Marie Laveau a vu le jour dans le quartier historique du Vieux Carré français de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Elle est la fille d’un planteur blanc et d'une femme d’origine africaine, affranchie de l’esclavage. Elle est donc libre.
Avec la révolution haïtienne de 1804 arrive à La Nouvelle-Orléans toute une communauté d’immigrants haïtiens qui fuient les hostilités : individus noirs libres ou planteurs blancs français accompagnés de leurs milliers d'esclaves. Cette communauté amène avec elle son héritage culturel et ses pratiques religieuses. Les nouveaux arrivants se mêlent à la communauté francophone de la Louisiane, ce qui contribue au mélange des cultures. La période est propice à la montée en popularité des pratiques de rituels vaudous. Marie Laveau sait tirer profit de cette vogue. Rapidement, elle devient la prêtresse vaudou la plus courue de La Nouvelle-Orléans.
Experte dans la mise en scène aux accents de spiritisme et dans la cueillette d’informations diverses, elle est une véritable femme d’affaires qui sait se débrouiller seule. Sa renommée transcende les limites du territoire louisianais, et son mythe persiste dans le temps.
Décédée en 1881, sa tombe est encore aujourd’hui très fréquentée par les touristes qui viennent lui déposer des offrandes en espérant s’attirer ses bonnes faveurs.
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Sacagawea
1788 - 1912
Idaho – Dakota du Sud (États-Unis)
Aperçu historique
Sacagawea est née vers 1788, en Idaho, aux États-Unis. Elle est de la tribu des Shoshones (aussi appelés Snakes ou Gens-du-serpent).
Vers l'âge de 13 ans, elle est enlevée de sa famille par les Hidatsas, tribu ennemie, originaire du Dakota du Nord, aussi appelée « Gros Ventres ». Elle est ensuite « acquise » par Toussaint Charbonneau, un trappeur canadien-français qui la prend pour seconde épouse. En 1804, au côté de Charbonneau, elle sert d'interprète et de guide lors de l'expédition de Lewis et Clark. Cette célèbre aventure est réputée être la première expédition officielle des États-Unis, par voie terrestre, jusqu’à l'océan Pacifique.
Enceinte avant le départ du groupe, elle accouche sur la piste. Avec son nouveau-né dans les bras, elle brave les rapides, la faim, le froid, les animaux sauvages et l’hostilité des tribus dont ils doivent franchir les territoires. Les connaissances de Sacagawea sur les différents peuples, milieux et climats ont grandement contribué au succès de cette aventure.
Les historiens ne s’entendent pas sur l’année de sa mort. Plusieurs versions de de la vie de Sacagawea circulent parmi les nations autochtones.
Pour honorer sa mémoire : Une pièce d'un dollar, frappée depuis l'an 2000, où figurent son portrait et celui de son fils.
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Simón Bolívar
1783-1830
Venezuela – Colombie
Aperçu historique
Simón Bolívar, surnommé « El Libertador », est né en 1783 à Caracas, au Venezuela. Il est le fils d'une riche et influente famille aristocratique créole, établie en Amérique au milieu du 16e siècle. En 1799, il part visiter l’Espagne et la France où il approfondit son intérêt pour la politique. Il est influencé par les philosophes des lumières et par les mouvements révolutionnaires des États-Unis et de la France. Dès lors, il rejette l’administration coloniale de l’Espagne en Amérique latine.
À partir de 1813, Simón Bolívar entreprend un long combat pour l'émancipation des colonies sud-américaines, combat qu’il poursuit sa vie durant. Il se bat pour l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur, du Panama, du Pérou et du Venezuela.
Sa santé décline et il meurt en Colombie en 1830. Sa pensée lui survit et reste ancrée dans l’idéal révolutionnaire de nombreux pays d’Amérique latine.
D’innombrables hommages lui ont été rendus à travers le monde. La monnaie du Venezuela, le pont qui relie la Colombie au Venezuela et la Bolivie sont notamment nommés en sa mémoire.
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Marie-Anne Gaboury
1780 -1875
Winnipeg, Manitoba (Canada)
Aperçu historique
Marie-Anne Gaboury, est née en 1780 à Maskinongé, au Québec. Son époux, Jean-Baptiste Lagimodière, est un Canadien français natif de la vallée du Richelieu. Il est coureur des bois et fait la traite de fourrures dans la Terre de Rupert (région centrale et nordique de l'actuel Canada) pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest.
Plutôt que de rester à la maison en attendant le retour de son époux, comme le font les femmes de l’époque, elle choisit de le suivre dans l’ouest du pays. Elle devient la première femme d'ascendance européenne à avoir exploré ce qui est aujourd'hui l'Ouest canadien et à s'y établir avec sa famille. Elle aura une descendance nombreuse, puisqu’elle élève neuf enfants, dont Julie Lagimodière, mère de Louis Riel.
Morte en 1875 à l'âge de 95 ans, elle voit le Manitoba devenir une province canadienne à part entière. Elle est également témoin privilégiée des résistances métisses de 1869-1870 menées par son petit-fils Louis Riel., On se souvient affectueusement d’elle aujourd’hui en tant que « grandmère de la rivière Rouge » et des francophones de l’Ouest.
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Toussaint Louverture
1743-1803
Haïti
Aperçu historique
En 1743, Toussaint Louverture naît esclave en Haïti. À cette époque la colonie française est l’une des plus riches de l’hémisphère occidental. Elle est connue sous le nom de Saint-Domingue ou de « perle des Antilles ». Louverture est affranchi à l’âge de 33 ans et devient propriétaire d’une plantation. Puis, il se joint au mouvement de libération des esclaves. Il devient alors le chef de la révolution haïtienne (1791-1802), où ses talents militaires sont tour à tour confrontés aux grandes puissances coloniales de l’époque, soit les armées française, espagnole et anglaise.
En 1801, Toussaint Louverture se fait nommer gouverneur à vie et proclame l’indépendance du territoire de Saint-Domingue. Napoléon Bonaparte, qui vient de reprendre le pouvoir en France, annonce alors le rétablissement de l’esclavage, pourtant aboli depuis la proclamation du 29 août 1793. Il est arrêté, expatrié et emprisonné en France, où il meurt en 1803, à l’âge de 60 ans. La révolte des esclaves se poursuit, galvanisée par l’arrestation du gouverneur. L’indépendance de Saint-Domingue, alors rebaptisée Haïti, est proclamée le 1er janvier 1804. Elle devient la première République noire du monde et l’esclavage y est banni.
Aujourd’hui, Toussaint Louverture est reconnu comme l’un des pères fondateurs d’Haïti, aux côtés de Dessalines, de Christophe et de Pétion.
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Mathieu Léveillé
1709-1743
Martinique – Québec (Canada)
Aperçu historique
Mathieu Léveillé serait né esclave, vers 1709, en Martinique. Rêvant de liberté, il s’échappe à trois reprises des plantations où on le contraint à travailler. Capturé une troisième fois, il est condamné à mort par les juges de l’époque. Pour échapper à une exécution imminente, on lui propose de devenir bourreau en Nouvelle-France. Le jeune homme devient ainsi, bien malgré lui, « exécuteur des hautes œuvres ».
En 1733, il est envoyé à Québec pour appliquer la haute justice, rôle qui fait de lui un paria. Habitué au climat tropical, le nouveau bourreau débarque à peine à Québec qu’il est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu. Il aura, dès lors, toujours de la difficulté à s’adapter aux rigueurs du climat de la Nouvelle-France.
Mathieu Léveillé est contraint de se vêtir d’une tenue rouge, qui l’identifie en tout temps à son rôle. Malade, seul, obligé de torturer ou de tuer de par sa fonction, il souffrira de dépression durant les dernières années de sa vie.
Mathieu Léveillé meurt à Québec, en 1743.
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Source : bing.com
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Joseph Beausoleil Broussard
1702-1765
Nouvelle-Écosse (Canada) – Haïti – Louisiane (États-Unis)
Aperçu historique
Joseph Broussard, connu sous le nom de « Beausoleil », est né en 1702 à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse. Il possède un fort tempérament, fréquente les Micmacs, parle leur langue et combat les Anglais à leur côté. Comme l’a fait son père avant lui, il s’oppose à la domination anglaise. Il s’attaque aux troupes britanniques et participe régulièrement à des raids. Dès lors, sa tête est mise à prix par le gouverneur du Massachusetts, aux États-Unis.
Il évite la déportation du Grand Dérangement de 1755 en se cachant dans la forêt avec sa famille. Il continue de combattre les Anglais, luttant courageusement malgré des conditions peu favorables. Il mène le combat sur la terre et les eaux, se faisant corsaire pour attaquer les navires anglais. Contraint par la famine, il se rend aux autorités britanniques avec sa famille. Il est condamné à la prison. À sa libération, il part avec les siens s’établir à Saint-Domingue (actuel Haïti), mais repart rapidement pour aller vivre en Louisiane. Là, il est accueilli en héros par les nombreux Acadiens qui y ont été déportés.
Joseph Beausoleil Broussard représente l’esprit de résistance acadien. Son courage et sa ténacité ont encouragé les Acadiens à poursuivre leur lutte bien après sa mort. Il meurt en Louisiane en 1765.
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